Depuis le 21 septembre 2026, les lycéens font des blocus pour demander plus de moyens. Établissements délabrés, manque de profs, horaires délirants, la situation est juste pas gérable, et on est qu'au début de l'année scolaire. Mais tout a changé une semaine plus tard, quand le gouvernement a décidé d'envoyer la police. Depuis les médias diffusent en boucle des images de "violences urbaines" et de policiers qui essaient de maintenir l'ordre.
Est-ce-qu'un seul membre du gouvernement a essayé d'écouter les revendications avant de décider de réprimer les blocus dans la violence ? Je n'en ai pas l'impression en tous cas.
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Professeurs manquants dans 69% des collèges et lycées
https://www.20minutes.fr/societe/4243214-20260907-rentree-scolaire-2026-equipe-enseignante-incomplete-69-colleges-lycees-selon-selon-snes-fsu
Aucun aménagement pour les canicules dans 79% des établissements
https://www.snes.edu/article/rentree-2026-toujours-la-penurie/
Réduction budget éducation nationale
Suppression de 4000 postes en moins, dont 1200 enseignants.
https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/plf-2026-un-budget-marque-par-un-desengagement-pour-la-jeunesse.html
Gouvernement veut soumettre les APL des étudiants aux revenus des parents dans le budget 2027, ce qui n’était pas le cas avant
https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/dans-le-projet-de-budget-2027-le-gouvernement-recule-sur-les-frais-d-inscription-mais-maintient-le-coup-de-rabot-sur-les-apl_8198279.html
Les violences policières en France et la Cour européenne des droits de l’homme – La Grande Bibliothèque du droit
https://www.lagbd.org/Les_violences_polici%C3%A8res_en_France_et_la_Cour_europ%C3%A9enne_des_droits_de_l%E2%80%99homme_(fr)
(Pas regardé la vidéo)
En tant que vieux (con et tout ça) je dirai que le souci des jeunes avec ce qui se passe est double, si pas triple :
Ils ne se désoladisarisent (c’est un mot, ça?) pas assez vocalement des violences inacceptables: casser des abri-bus et brûler des poubelles c'est une chose, s'en prendre à des personnes? Pas mal de gens en a plein cul de la violence des voyoux, qu’elle soit celle de jeunes encagoulés ou celle des policiers en quasi armure.
Ils ne communiquent pas assez sur les causes profondes de leur ras-le-bol. Les vieux comem moi ne s'imaginent probablement pas ce que c'est que d'être en classe, assis devant un(e) prof qui s'emmerde sans doute autant qu'eux à ne rien leur enseigner. Encore moins ce que c’est que de se chier dessus en pensant à son avenir plus que nébuleux qui, à la différence des vieux comme moi, n'est pas derrière eux et implique qu’ils vont plus que probablement devoir faire face à : un monde en guerre(s) (et sans resources, en plus), en crise climatique, et un monde où l’idée même de pouvoir trouver un travail pour gagner sa vie va faire se marrer la poignée de milliardaire qui possèdent la poignée d’IA qu’ils ont réussi à imposer à la planète entière… avec l’aide de trop d’élu(e)s.
Le dernier truc qui va les faire aller droit dans le mur, j'en ai peur: ils se laissent embobiner par les enflures politiciennes les plus démagos de France. Ca, c'est tout sauf un pari gagnant.
En tant que moins vieux con, et il y a quelques années prof en lycée, je suis en profonds désaccord avec les points que tu soulèves
les violences inacceptables, en plus d'être ultra minoritaires et, pour le peu qui existent, régulièrement pas du fait des principaux intéressés (et ce d'après les sources reputables), ne sont de toute façon pas imputables au mouvement juste par proxy. Par ailleurs, on ne peut exiger surtout d'un mouvement aussi décentralisé la cohérence d'une unité hiérarchique comme un parti trafitionnel. On notera par ailleurs que les quelques figures de proue du mouvement comme les représentants des syndicats étudiants ont fermement condamné les dégradations, de même que l'immense majorité des élèves interrogés à ce propos (voire les publications vidéo du Huff, de l'Huma, ou de loopsider entre autres). On ajoutera ironiquement qu'il est difficile d'exprimer un avis quelqu'il soit quand la situation commune est de leur denier le droit de s'exprimer.
Sauf votre respect, vous d'appréhendez ni la réalité ni l'intensité du désarroi qui accable cette jeunesse précarisé qui a lancé le mouvement. On ne parle pas seulement de s'ennuyer en classe devant un prof pénible (ça n'en est pas moins un problème), on parle de ne pas avoir de classe ni de prof pour s'ennuyer (ou apprendre). On parle d'établissements plus que surchargés, j'ai déjà fait l'expérience d'un lycée prévu pour 1500 élèves qui en accueille plus de 2000. On parle de classes vétustes, de plafonds qui s'effondrent, de passoires/bouilloires thermiques, de salles sous dimensionnées en taille comme en mobilier (déjà vu 23 chaises pour 32 élèves), quand on a la chance d'avoir lesdites salles. On parle d'un sous-effectif si important de toutes les catégories de personnel que ces élèves doivent composer avec des semaines ou parfois des mois de trou dans les programmes de certaines matières, avec un établissement dangereux mais sans infirmier.e, sans assistant d'éducation, sans psychologue ou médiateur pour les étudiants malheureusement nombreux qui font face à des conditions terribles...
enfin, je ne suis pas bien sûr de qui vous désignez dans ce dernier point, mais une chose est clair : certains politiciens soutiennent concrètement cette jeunesse révoltée légitimement, par exemple en faisant cordon contre les forces "de l'ordre" envoyées à leur encontre, d'autres à commencer par l'actuel gouvernement collent de fausses étiquettes en ignorant toute la réalité de la situation, y compris celle rapportée par les chiffres officiels.
Mmm, pour prolonger votre remarque : à partir de quand ça cesse d’être ‘minoritairement’ acceptable, donc, d’agresser des personnes ?
1, 2, 10, 100, 1000 ? C’est idiot ce que je dis ? Bien d’accord. Et c’est en fait très simple : ce n’est jamais acceptable et ça doit être toujours être dénoncé, y compris par les jeunes eux-même. Y compris si c’est minoritaire. Même si « nous » les jeunes on a rien fait, et que c’est « eux » (d’autres) qui font… Si seulement les adultes pouvaient montrer à cette jeunesse qu’il est possible de sortir de cette logique binaire du « nous vs les autres ». mais non… on est toujours coincé dedans.
Bref, mon message visait juste à rappeler ce qui me semblait une évidence mais dont je commence à me demander si c'est vraiment si clair que ça : les media sont a charge pour l’essentiel, et aussi que cela fait bien des années que l'essentiel des media écoutés/lus/regardés par la masse des citoyens ne se soucient absolument plus d'informer. Sachant cela, on peut rester sur sa position et, boudeur, répéter ‘c’est pas moi, j’ai rien à dire à ce sujet’ ou, acceptant la réalité peu flatteuse du paysage médiatique en France, se dire qu’on a intérêt à faire entendre sa voix… encore plus parce que si on compte sur les media pour faire le boulot… on est mort car ils montent un discours à charge. Le minimum vital est de dire: non, c'est pas "nous" (pour éviter toute polémique: je ne me compte parmis les jeunes, c'est une figure de style), on est pas d'accord avec ça.
Cette expression m’a toujours troublé, « sauf votre respect », ça veut dire quoi ? Que ne pas être d’accord serait un manque de respect ? Pas chez moi et s’il y avait le moindre doute à ce sujet : je ne suis pas d’accord avec vous, vous ne l’êtes pas avec moi, aucune idée pour vous mais en ce qui me concerne ça n’implique aucun jugement sur votre personne, ni sur vos qualités et défauts éventuels.
Quant à ce que j’appréhende ou pas de la situation, je ne vais pas répondre à chaque point que vous soulevez (ni lister ceux que vous négligez de mentionner) : mon message se voulait une synthèse.. en une phrase de ce que à mon avis cette jeunesse en colère devrait beaucoup plus clairement communiquer. Ce qu’elle ne fait pas bien à mon avis.
Et je ne pense vraiment pas qu’ils aient besoin de deux plus ou moins vieux qu’eux pour faire cette liste à leur place, je me trompe?
Par contre, il me semblent qu'ils ont besoin qu’on leur rappelle que c’est essentiel de dire cette liste, partout, haut et fort. Tout le temps. Sinon, aurions-nous seulement besoin d'avoir cette discussion ?
C’est pas grave.
Je ne suis pas dans la tête des politicien(ne)s, je ne sais pas donc ce qu’ils pensent vraiment. Mais j’ai l’habitude du temps long et il me reste encore assez de mémoire fonctionnelle pour remarquer comment certains propos changent, ou pas, au grès du vent et des opportunités.
Pour conclure, tout ce que je recommande à cette jeunesse qui a toute mon amitié inquiète de vieux con, du moins pour qui veut bien lire, c’est de ne laisser personne s’emparer du micro à leur place… Parce qu’une fois arraché de leurs mains leurs nouveaux ‘amis’ ne leur rendront pas ce micro… sauf trop tard, quand ça ne servira plus à rien de parler ou quand plus personne n’écoutera vraiment.
Pour le reste, mon opinion n’est jamais qu’une opinion parmi bien d'autres et il n’y a aucun mal à ne pas la partager.
J'apprécie votre réponse, et au delà de nos divergences par exemple sur les questions de violence légitime, je voudrais reprendre un point qui a mon sens est contradictoire. Vous dites que les jeunes n'ont pas besoin de nous pour faire cette liste (même si le soutien de leurs profs et autres personnels n'est pas sans utilité), et vous dites vrai, les points que j'ai listés sont dans leurs revendications sans que personne ne leur ait soufflé. Mais ils disent et crient cette liste comme le reste aussi haut et fort qu'ils le peuvent ! Ils se mobilisent comme des citoyens adultes, leurs instances officielles comme les syndicats remontent ces faits et d'autres depuis des années ! Mais, à l'image d'autres services publics, le problème n'est pas le volume de la plainte, mais la sourdine des décideurs (et dans une certaine mesure, des medias). Alors oui, notre discussion aurait lieu même s'ils criaient déjà à plein poumons, et en réalité je pense que c'est le cas ici. La question que je vous pose ici est sincère et se veut sans provocation aucune : que voudriez vous que les lycéens fassent de plus que ce qu'ils font déjà aujourd'hui pour faire entendre leurs revendications ?
Merci.
Ce que je suggère depuis le départ: communiquer plus et plus fort (ce qui est autre chose que plus violemment).
En plus de manifester je veux dire, et en plus de casser (si ils pensent vraiment que ça aide à faire passer leur message plus efficacement... ce qui reste à à démontrer car de ce que j'en vois ça permet aux média de surtout ne parler que des 'incidents' et très peu de ce qui mobilise cette jeunesse). Donc de communiquer haut et fort sur ce qui se passe en marge de leur mouvement. Edit: et de communiquer aussi sur le fond (le pourquoi ils manifestent: tout le monde n'est pas un jeune tout le monde ne va pas spontanément comprendre leur désarroi et leur détresse)
Je voudrais entendre en boucle leur porte(s) parole(s), voir des groupes spontanés, dénoncer les violences et leurs auteurs. Car il n'y a pas de solidarité à avoir avec un voyou qui blesse quelqu'un sous prétexte qu'ils appartiendrait à la même génération qu'eux, leur solidarité doit se manifester avec ceux et celles qui ont un réel désir de changer les choses pas de les envenimer (et ne se limite d'ailleurs pas à leur propre génération).
Donc, dire leur refus de la violence imbécile des casseurs/voyoux (peu importe si les cas sont limités, c'est déjà trop) ainsi que leur refus de la récup par certains politiciens.
Le principal objectif étant, en plus de dire leur refus des violences et de la démoagogie, d'empêcher les media de récupérer les dérives pour les retourner... contre eux-mêmes.
Je pense que vous faites les reproches aux mauvais groupes de personnes. Les jeunes sont déjà à fond dans le volume, et les porte paroles font déjà ces discours presque en boucle à qui veut l'entendre... Mais qui veut l'entendre ? Il faut admettre que le problème n'est pas la mobilisation mais la place qu'on lui accorde dans l'espace médiatique et l'information. Les prises de paroles des membres et/ou figures du mouvements font des interviews avec pas ou peu d'échos quand la moindre déclaration d'un ministre passe en boucle sur toutes les chaînes de télévision ou de radio.
J'ai connaissance des revendications parce que je les ai vécues de l'intérieur, mais aussi parce que je m'informe dans un panel de média pour partie fortement engagé, qui sont à ma connaissance les seuls à accepter de se faire réellement écho et relais des revendications. J'insiste, le problème n'est pas dans la teneur ni le volume de la mobilisation, elle est dans ce que choisissent d'en montrer les médias. Et il ne s'agit pas d'un cas où les violences des manifestants auraient légitimement pris toute la place en fréquence. On voit bien que même les chiffres de la police font état d'un mouvement qui reste fortement pacifique maintenant comme au début (contrastant avec le ton alarmiste qui fait le diapason des articles sur le sujet), et pourtant on voit bien que c'est dès le tout début de la mobilisation que le ton de la plupart des medias se fait immédiatement réprobateur et ignore les revendications.
Je conclue et me répète, on ne peut reprocher au mouvement lycéen de ne pas donner assez de voix, ou de ne pas la donner "comme il faut", par contre on peut (on l'on devrait) interroger ceux qui provoquent ce ressenti de votre part, ressenti partager légitimement par une partie importante de la population, qui comme vous le soulignez bien ne peut connaître le mouvement que par ses représentations dans le paysage médiatique
Je ne reproche rien à personne et je n'ai pas de ressenti sur la question, à part de la tristesse et de l'inquiétude. Mon seul souhait est de ne pas voir cette jeunesse se faire... avoir, alors qu'on lui a déjà bien niqué son avenir proche aussi bien que lointain.
Je ne fais que commenter ce que j'observe autour de moi. Et les réactions que je peux entendre.
+1 à ça.
Mais on peut, et si on veut l’aider on doit, lui reprocher de ne pas s’adapter quand elle réalise que son message ne passe pas assez clairement.
Si le message n'est pas relayé, il faut le marteler plus fort, et ailleurs. Peut-être aussi changer de vocabulaire. Peut-être donner la parole à d’autres ou à plus de monde ? Je ne sais pas. Ce n'est pas à vieux de dire aux jeunes ce qui est important pour eux ou comment dompter les réseaux… même si j'ai quelques idées.
Quant à la presse, mon point de vue ne change pas : Une part… non négligeable des media FR s(er)ont a charge contre cette jeunesse, et une part pas moins négligeable est… incompétente. Mais cette presse ne va pas spontanément se découvrir une conscience professionnelle parce que « c'est pas bien de bâcler son travail quand on parle des jeunes ». Elle va continuer à faire ce qu’elle fait… médiocrement. C’est avec cette médiocrité que les jeunes doivent composer, c’est à elle qu’ils doivent adapter leur discours.
je vais avoir l'air d'insister lourdement, mais vous confirmez mon propos :
Est-ce que ces media engagés auprès desquels vous vous informez sont ceux que la masse des gens lisent ou écoutent ? Je ne pense pas.
De ce que je sais, la masse des gens se contentent des chaînes d'info TV/radio. Si vous voulez mon avis sur ces chaînes, je le partage ici: Ad Nauseam (pour piger le début, il faut savoir que nous ne regardons plus la TV depuis 2000), mais peu importe ce que moi ou vous en pensons: si ça reste là où les gens s'informent c'est à ces media là qu'il faut adapter le message.
Les jeunes n'ont pas besoin d'une chambre d'écho où s'écouter parler. Ils ont besoin de toucher le grand public. Enfin, c'est mon avis... de vieux con, pour ne pas changer ;)